Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
13 novembre 2013 3 13 /11 /novembre /2013 18:40
Rythmes scolaires : ce n'est pas la réforme dont l'école a besoin

Notre projet, c’est plus d’école pour les enfants, car nous savons qu’ils sont tous capables, pour peu qu’on leur en donne les moyens. Pour nous, les enjeux principaux d’une nécessaire refondation de l’école seraient la lutte contre l’échec scolaire, contre l’exclusion scolaire et contre les inégalités sociales à l’école.

La réforme Darcos de 2008 réduisant le temps d’enseignement en supprimant trois heures de cours du samedi matin en primaire a été un très mauvais coup porté à l’enseignement scolaire. Nous y étions déjà opposés. Les critiques à apporter à cette réforme du précédent gouvernement, notamment en terme de rythmes scolaires parce qu’elle a densifiée les enseignements sont réels. Mais l’actuelle réforme des rythmes scolaires ne répond pas à cette problématique ; Au contraire, elle entérine et pérennise la réduction du temps scolaire et le passage de la semaine de 27h à la semaine de 24h. Des heures d’animations en plus ne compensent pas des heures d’écoles en moins.

Mais surtout, la réforme des rythmes scolaires prend le problème à l’envers. Ce qui fatigue, c’est d’abord l’échec scolaire. Il faut lutter contre l’échec scolaire pour diminuer la fatigue des enfants ; et non tenter en vain de diminuer la fatigue des enfants pour résoudre l’échec scolaire ! Un enfant en situation de réussite scolaire, bénéficiant d’un fort soutien familial sera en mesure de suivre une journée d’école, de continuer par un cours au conservatoire et il lui restera peut-être même encore l’énergie pour lire seul une histoire dans son lit avant d’aller dormir. Tandis qu’un enfant en situation d’échec scolaire risque fort de ne plus être en capacité d’avoir la moindre activité intellectuelle à l’issue de son éprouvante journée de classe. En faisant un parallèle avec le sport, à l’entraînement, l’élève le moins sportif se fatiguera plus vite. Ce n’est pas en lui demandant de s’entraîner moins et de se reposer plus qu’on lui permettra de s’améliorer et de rattraper le plus sportif !

Au-delà, la réforme des rythmes scolaires veut favoriser la création d’activités périscolaires à la charge des communes. Nous y sommes opposés pour de multiples raisons :

  • Nous croyons que l’apprentissage, y compris artistique, culturel, musical, sportif doit se faire à l’intérieur de l’école, sous la supervision des enseignants. Des animateurs peuvent y apporter leur concours, mais l’apport pédagogique de l’enseignant est primordial.
  • Sans financement adéquat de l’état, cette réforme sera fortement génératrice d’inégalité entre les communes riches et les communes pauvres, les petites communes et les grandes, entre les communes déjà fortement impliquée dans une politique culturelle, sportive, artistique et les autres. Oui, avec son conservatoire, ses centres de loisirs, ses gymnases, son théâtre, ses bibliothèques … notre ville a les moyens matériels sinon financiers d’offrir des activités enrichissantes à ses enfants. En est-il de même dans toutes les communes et notamment les plus petites, les plus rurales ?

Pour notre ville, le financement d’une telle réforme serait entre 700 000 et 1 000 000 d’€, soit deux à trois points de fiscalités supplémentaires. Dans le contexte actuel d’austérité, traduit par une réduction des dotations de l’état aux communes, et de baisse du pouvoir d’achat des habitants qui rend impossible toute augmentation des impôts locaux, le financement d’une telle réforme ne pourrait se faire qu’en rognant sur les nombreux et très utiles services que nous rendons aux choisyens. Nous ne le souhaitons pas !

C’est pourquoi nous sommes opposés à cette réforme. Notre choix de cœur serait « Ni en 2013, ni en 2014, ni jamais ». Nous ne sommes d’ailleurs pas certains d’être matériellement et financièrement en capacité de réaliser ce que la loi pourrait nous imposer.

Aussi nous demandons l’abrogation du décret sur les rythmes scolaires ou tout au moins sa suspension, et l’engagement d’une véritable réforme sur la refondation de l’école. Car le statu quo et le retour à la réforme Darcos serait tout aussi dommageable. Il faut que le gouvernement revienne à la table des négociations et reprenne le projet à zéro.

Il faut une loi de refondation de l’école qui ne prenne pas le problème pas le petit bout de la lorgnette, les rythmes, mais qui prenne à bras le corps les questions de l’exclusion scolaire, de l’échec scolaire, des inégalités sociales. Pour ce faire, il faut d’abord parler des contenus, programmes, méthodes d’enseignements. Il faut revenir sur les destructions de postes du précédent gouvernement et notamment des Raseds, redonner aux enseignants une formation de qualité, en finir avec une réforme de la carte scolaire qui a favoriser les écoles guettos …

Partager cet article

Repost 0
Published by Elus communistes et partenaires - dans Luttes
commenter cet article

commentaires